Riourik et ses frères arrivent au bord du lac Ladoga, Viktor Vasnetsov (1848-1926).

Quelques détails historiques...

Une conférence récente des “Amis du Monde Diplomatique” portait sur la question suivante : “L’histoire est-elle une arme de guerre ?….”. Le débat n’a pas particulièrement répondu à mes attentes mais il est certain que tous les gouvernements sous le couvert de mettre à jour nos manuels d’histoire s’en servent comme cela les arrange pour justifier leurs actions au moins au niveau géopolitique.

Sur le dossier de l’Ukraine, les historiens évoquent la Rus’ de Kiev; et Poutine s’appuie dessus pour mettre à jour la dernière édition enseignée dans les écoles.

L’historique des frontières des territoires en question (de l’Ukraine ou de la Russie) a déjà été décrit dans un article précédent – cliquer ici – et les propos sont toujours valables même après toutes les lectures sur le sujet depuis 4 ans maintenant.  J’en reprends quelques extraits.

Mais qu’en est-il réellement des origines des peuples en question ?

Nous allons retracer les migrations de deux populations qui se sont progressivement mélangées et de leurs souverains.

Les Slaves

Selon la légende de mythologie slave, les 3 frères Lech, Čech et Rus, habitaient entre la Vistule et le Dniepr mais après des années difficiles de récolte, ils décidèrent de partir chacun de leur côté. Ils seraient à l’origine de la Pologne, de la Bohème et de la Ruthénie.

L’origine des slaves est plus complexe que la légende. C’est un groupe ethnolinguistique indo-européen, originaire d’Europe orientale qui possèderait même en majorité une particularité génétique sur le chromosome Y à savoir l’haplogroupe R1a (Y-ADN) R1a-M458.

Ils sont connus depuis le 1er millénaire avant JC autour de la Polésie et en effet ils migrent lorsque l’occasion se présente dans des territoires plus ou moins vacants à partir des 5ème et 6ème siècles.

Vers le Sud, ils font vaciller l’autorité de l’empire byzantin sur les Balkans.

Vers l’Ouest, ils se rapprochent des Germains et seront bloqués vers le 12ème siècle..

Expansion vers le Nord

Vers le nord, jusqu’à la Volga, Kostroma, Rostov-le-Grand, Vladimir, Souzdal où résident les Baltes et les Mériens. Ils les coloniseront jusqu’à l’arrivée des Varègues, qui seront en fait les Russes de la Rus’ de Kiev au 12ème siècle.

Les Varègues aussi profiteront de cette multitude de tribus non unifiées.

Expansion vers le Sud

Vers l’Est, en direction de l’empire Khazar auquel ils rendront hommage, ce qui permettra leur installation. Ce seront les Polianes.

Les Varègues

L’histoire fait mention du viking Riourik au 9ème siècle, venu probablement de Scandinavie. Danois, prussien du Niémen, ou finlandais, ‘Varègue’ est le nom donné par les slaves aux vikings de Suède. Les tribus présentes au 9ème siècle dans la région de Novgorod auraient souhaité un chef “neutre” de leurs rancunes habituelles. D’autres hypothèses font état de conquête et d’autoproclamation. Toujours est-il que ce premier prince nommé Riourik s’installe à Novgorod en 862 et transforme la société tribale dont les slaves font déjà partie suite à leurs migrations, en société féodale.

Une fois installé, il se développe vers l’Est jusqu’à Mourom et Rostov, où résident en partie des slaves.

Vers le Sud, Askold et Dir, deux varègues proches de Riourik descendent vers Constantinople et s’arrêtent à Kiev sur le Dniepr où certains slaves, les Polianes sont déjà installés. En 860, ils battent les byzantins et s’emparent de la ville de Kiev en 864.

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Riourik meurt en 879 à Novgorod – son fils Igor n’a que 9 ans -. Oleg le Sage devient régent. En 882, il descend vers le Sud et s’empare de Smolensk puis de Kiev en assassinant les 2 souverains Askold et Dir. En présentant Igor en tant que fils de Riourik, il s’autoproclame prince de Kiev et crée la Rus’ de Kiev (Ruthénie) en nommant Kiev capitale à la place de Novgorod.

Les autres princes de la nouvelle Rus’, y compris Novgorod, Vladimir, Souzdal et Moscou lui payent un tribut

Le développement des principautés

En 882

  • les Slaves résident à Kiev depuis le 6ème siècle, rendant hommage jusqu’alors aux Khazars
  • les Varègues arrivent au 9ème siècle et gouvernent assimilés par les Slaves de Kiev ou les Slaves implantés autour de Rostov-la-Grande
  • Les peuples vivent ensemble. 

Au 10ème siècle, les Varègues païens, se convertirent au christianisme de Constantinople. Les princes se succèdent parfois avec violence mais la principauté se développe en taille, en commerce, en relations internationales avec l’empire byzantin entre autres, soit diplomatiquement par des mariages princiers, y compris en France, soit par la guerre et les pillages. En 965, Sviatoslav 1er détruit l’état Khazar qui bloque le commerce sur la Volga. Les 2 siècles qui suivent seront prestigieux pendant lesquels la dynastie des Riourikides gouverne les 3 principales provinces de Kiev, de Novgorod et de Rostov-Vladimir-Souzdal.

A la fin du 10ème siècle, la Rus’ de Kiev est composée de 28 principautés. Malgré la mise en place de règles précises de succession à la tête des principales villes, elles se passent mal et le territoire se morcèle progressivement jusqu’à 64 principautés, dont celles de Novgorod, Vladimir-Souzdal, Kiev, Smolensk…Certaines iront chercher de l’aide extérieure. Les règnes sont courts.

1136, la principauté de Novgorod prend ses distances avec Kiev. Elle est transformée en “république” sans grande prétention… tout en restant dans le périmètre de Kiev.

La ville de Moscou est créée en 1156 au sein de la principauté de Souzdal.

En 1236, Iaroslav 3 est grand-prince de Kiev, son fils Alexandre Nevski est prince de Novgorod et Iouri 2 son frère est grand-prince de Vladimir-Souzdal

Les peuples historiques slaves, polianes, varègues ont fusionné au sud et les peuples slaves, baltes, mériens et varègues ont fusionné au Nord. Ils se mélangent au rythme des déplacements. Ceci dit, leurs langues respectives vont évoluer individuellement au cours des siècles.

Au-delà des peuples, l’analyse de leurs souverains révèlent les points suivants :

  • dans toutes les régions, les peuples semblent s’accommoder de leurs souverains. Certes, ce n’est pas une démocratie. Mais on ne relève pas de révoltes populaires.
  • la dynastie des Riouroukides est bien établie. Riourik est resté à Novgorod, mais son fils parti à Smolensk puis Kiev a envoyé ses enfants, ses cousins au sein des différentes provinces. Les générations se succcèdent.
  • les règnes sont conflictuels entre héritiers (voir les cases roses sur le schéma qui partent de différentes branches)
  • la lignée d’Alexandre Nevski est claire (cases vertes sur le schéma), 10 générations après Riourik

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La suite – Les invasions mongoles – la Horde d’Or

A la fin du 12ème siècle, la Rus’ de Kiev est faible, fragmentée en principautés. Après une 1ère invasion en 1223, les mongols se retirent. Ils reviennent entre 1237 et 1241 pour envahir toute l’Europe. Chacune des principautés est soumise individuellement. Les territoires sont brulés et populations massacrées.

  • Moscou, Vladimir sont incendiées, la principauté rasée en 1238
  • Kiev est assiégée en 1240
  • Novgorod échappe par hasard à la destruction
  • les populations fuient en Moscovie, plus ou moins épargnée
  • les populations slaves parfois vendues comme esclaves à l’empire ottoman, 

Iarosla 3 et son fils Alexandre Nevski vont s’afféoder aux mongols pour préserver les territoires et les populations. Ils vivront une vassalisation jusqu’en 1480, versant un tribut annuel et continuant à gérer les affaires locales, Nevski profitant même d’un soutien militaire face aux chevaliers Teutoniques.

Les principautés en tant que telles 

  • se soumettront toutes progressivement au Grand-Duché de Lituanie….pour Kiev (1363), Pereïaslav (1302), Tourov (1320), Smolensk (1404), Polock (1307) et Riazan (1399).
  • la Galicie-Volhynie balottée entre la Lituanie, la Pologne, l’Autriche et l’empire ottoman, sera à l’origine de l’Ukraine actuelle
  • seule la Grande-Principauté de Moscou se développera pour forrmer l’empire russe et la Russie actuelle

Ces évenements ont conduit à la chute de la Rus’de Kiev. L’histoire de la principauté et de la ville de Kiev se mèle à l’histoire de la Lituanie, de son duché, de son royaume et de sa république ainsi que celle de la Pologne jusqu’en 1776, date du 1er partage. Ceci est détaillé dans un autre article

14ème siècle – la renaissance des populations

Sans réelle domination mongole, cette vassalité n’a pas d’impact majeur pour l’économie. Les principautés commercent avec les autres nations, notamment la vente de fourrures. Les peuples s’organisent, les successions sont d’ailleurs plus simples, la population est d’environ 7,5 millions d’habitants.

La Politique : En 1169 déjà, c’est André 1er Bogolioubski, alors grand-prince de Vladimir-Souzdal qui a repris la principauté de Kiev, mettant fin à la suprématie de la Rus’ de Kiev….malheureussementt pour lui, sans descendance.
Nevski, lui-même est grand-prince de Vladimir en 1248 et reçoit l’investiture mongole pour la principauté de Kiev. Par la suite, c’est le Khan qui nomme les grand-ducs tout en respectant les traditions russes, quelquefois malmenées selon que les princes payent ou non leurs tributs.
En 1378, Dmitri – de Moscou – annexe Vladimir et les principautés fusionnent pour devenir la la Grande-Principauté de Moscou.

Les religions : presque tous sont orthodoxes. Le patriarcat se montre conciliant avec les mongols et prend son autonomie par rapport à Constantinople. Le métropolite Maxime de Kiev quitte Kiev pour s’installer à Vladimir en 1299. Pierre son successeur déplace le siège de l’Eglise à Moscou en 1325. Les quelques musulmans pourraient descendre des mongols occupants : islam sunnite.

Les langues : la langue russe se développe à partir de la Grande-Principauté de Moscou, tandis que les langues ruthènes utilisées le long d’un axe Novgorod-Kiev serviront de base à l’ukrainien et le bielorusse.

Le commerce et la monnaie : le rouble apparait à Novgorod au 13ème siècle mais ne sera réellement utilisé qu’à partir de 1723. Le commerce est essentiellement sous forme de troc.

Les peuples : à ma connaissance, peu de migrations, beaucoup de brassages. Les mongols ne se mélangeront pas avec les locaux. Ce sont essentiellement des nomades avec une organisation propre. Leur démographie est asssez fragile dans la mesure où certains d’entre eux pratiquaient la vente d’enfants esclaves à Venise, Gênes…

puis 15ème siècle, le déclin et la fin de la Horde d’Or

Au-delà des relations difficiles entre les khans et les princes de Moscou qui de leur côté se renforcent de points de vue géographique, politique, écclésiastique, tout en payant leurs tributs, la Horde d’Or va rentrer dans des conflits qui la mèneront à sa perte.

  • conflits avec Venise et Gênes autour de 1340
  • la peste…entre 1364 et 1396
  • le commerce avec la Chine en déclin suite au changement de dynasties Yuan-Ming
  • les successions internes difficiles
  • la défaite contre la Lituanie en 1362 qui oblige une retraite sur la Crimée
  • 1ère bataille de Dmitri de Moscou refusant de payer le tribut, contre la Horde d’Or en 1380, dont le chef Tokhtamych en retour brulera Moscou en 1382
  • défaite lors de la guerre contre Tamerlan en 1395

A partir de 1395, les successeurs de Tokhtamych se déchirent entre eux pour former les khanats d’Astrakhan, de Kazan, de Crimée….ce dernier rejoignant l’empire ottoman en 1475.

1480 : Ivan 3 s’unit au khan de Crimée pour supprimer définitivement la Horde d’Or. C’est le début de la réunification des Russes.

Ce qui n’empêche pas la dynastie des Riourikides de perdurer

  • les successions sont plus simples (en rose)
  • la ligne généalogique jusqu’à Féodor 2 – 20ème génération après Riourik – est simple (en vert) mais sans succession, ce qui provoque l’interruption “Goudounov” (en orange)

On reprend la suite avec les Romanov selon 2 critères possibles pour Michael 1er

  • petit-fils de Roman Iourevitvh Zakharyin, père d’Anastasia Romanova mariée à Ivan 4
  • mais aussi moins probable 8ème génération de Dmitri de Souzdal par alliance avec la branche Chouyski de laquelle Vassili 4 a déjà été tsar

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On connait la suite… avec quelques rappels historiques. Etant donné les diverses interprétations des historiens, elles sont simplifiées au niveau des détails et des dates, mais correctes.

Kiev et les provinces voisines

La Galacie-Volhynie a déjà été partagée entre la Pologne, la Lituanie et la nouvelle principauté de Moldavie au sud, en 1352. L’histoire rattachera la Galacie à la Hongrie en 1772 puis à l’Autriche en 1795, alors que la Volhynie restée polonaise sera rattachée à l’empire russe en 1795.

La Moldavie reste moldave encore aujourd’hui, ses frontières ayant toutefois été bousculées. 

Les peuples : sans migrations profondes, leur brassage a persisté avec les polonais, issus d’une tribu slave – les Polianes – vivant en limite géographique avec les Germains. Le résultat ?….

La Zaporoguie, située dans la boucle du Dniepr ainsi que la région de Kiev sont remises en 1397 à la Lituanie en échange d’une protection contre Tamerlan, C’est une plaine sauvage où s’installent les cosaques (“hommes libres”) pour combattre les esclavagistes du khanat de Crimée ainsi que plus tard les troupes de la noblesse polonaise. Bien qu’ils aient toujours défié leur autorité, les Zaporogues mènent des raids guerriers à leur demande dont un majeur contre les juifs en 1648. Mais en 1652, les cosaques orthodoxes se sentent persécutés par les catholiques et leur roi de tutelle de Pologne et demandent l’aide de la Russie. 

Le traité de Pereïaslav en 1654 suivi du traité d’Androussovo en 1667 font passer Kiev et toute la rive gauche du Dniepr jusqu’au Donbass et Kharkiv plus à l’est sous domination russe.

Les peuples : les cosaques auraient été confirmés d’origine slave par l’analyse de leur chromosone Y

Moscou et sa Principauté

Cette histoire est probablement la plus simple à décrire : Ivan 3, Vassili 3 puis Ivan 4 qui transforme la Grande-Principauté en Tsarat de Russie en tant que “Tsar de toutes les Russies”.

Le tsarat grossit au fur et à mesure des conquêtes, y compris les khanats de Kazan et d’Astrakhan en 1552 jusqu’à la rive gauche du Dniepr

Notons le passage éclair des Godounov et la suite avec la dynastie des Romanov, mais la conquête continue.

Le khanat de Crimée

A l’origine : le khanat de la Horde d’Or. Il se réduit au fur et à mesure du déclin de la Horde d’Or. Après 1480, ils se rallient à l’empire ottoman afin de se protéger jusqu’en 1783. Le commerce d’esclaves est très profitable, y compris un raid majeur contre Moscou en 1571 d’où ils ramenèrent plus de 100 000 captifs.

Il intègre l’empire russe avec Catherine 2 en 1783.

Les peuples : Les tatars sont à l’origine l’avant-garde des guerriers mongols arrivés lors des invasions mongoles. Ils se sont mélangés avec les nombreux peuples ayant habité la Crimée avant eux (Goths, Khazars, etc.) et au fur et à mesure du temps, avec les déserteurs des armées adverses russes, polonais ou autres, ainsi que des Roms. Inutile de dire qu’ils se sont donc mélangés avec les slaves. Ils acquirent peu à peu un sentiment d’appartenance à une même communauté.

Après Catherine 2, les tsars vont mener une politique de peuplement de la Crimée avec Russes, Ukrainiens , Allemands, Moldaves, Arméniens et Grecs. Les tatars deviennent minoritaires, persécutés et expulsés, voire déportés en 1944. Très peu reviendront malgré leur réhabillitation. 

La dynastie des Romanov s’est définitivement éteinte avec les assassinats des enfants de Nicolas 2.

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L’empire russe, l’URSS et la Russie

Le règne de Catherine 2 forme réellement les contours de l’empire russe, puis de l’URSS.

Que dira l’avenir ?

 

Hormis la Crimée, l’analyse des peuples entre 1795 et nos jours est moins pertinente pour la reflexion présente : les guerres, les révolutions amèneront des soldats, prisonniers, des nouveaux peuples et en supprimeront d’autres. Le développement des transports et de la mondialisation sera source de déplacements individuels. Mais surtout les modifications des frontières politiques deviennent le point essentiel des mouvements de peuples.

Qui sont-ils ? d’où viennent-ils ?

Bigre !

Je ne suis pas historien, juste curieux. Les frontières ne font pas les peuples. La Déclaration des Droits de l’Homme – signée par l’URSS – donne le droit aux peuples à décider d’eux mêmes.

Mais comment définir un peuple quand on revoit l’historique de cet article : origine, migrations, sédentarisation, génétique, religion, commerce, langue, filiation, souveraineté, dynastie… ? et jusqu’à quelle date remonter le temps ?

Les Varègues : qu’attend donc la Suède pour revendiquer l’Ukraine ?

Les Francs : d’origine vers Dortmund dans la boucle du Rhin, ….. qu’attend donc l’Allemagne pour revendiquer la France ?

Faut-il la guerre pour avoir le Groënland ?

Combien faut-il d’argent pour racheter la Louisiane ? Napoléon l’a vendue en 1803 pour 500 millions d’euros…rajoutons 20% de marge et on la rachète.

Peu importe, l’histoire nous montre que ce sont les plus forts qui décident, à en croire la partition de l’Afrique en 1880.

Nota : Toutes les sources viennent de Wikipédia. La pertinence de cet article provient du recoupage des différentes sources.

2 commentaires

  1. Beau boulot et belle conclusion : Vouloir justifier des frontières à partir de l’histoire, surtout si on remonte à plusieurs siècles, est bien difficile. Conséquence : les frontières sont ce qu’elles sont, leur respect s’impose, sauf si les peuples, pas les chefs, ni les armes, en décident démocratiquement autrement.
    Et… l’histoire a conduit à un brassage des populations tel, que toute théorie identitaire ne relève que de la manipulation.

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