Très bonne expérience, je reviendrai !

A la recherche de modèles des années 1930 pour une réalisation future, je rentre dans la librairie “le Livre Voyageur”, au 9 Boulevard Agutte Sembat à Grenoble et je fais la connaissance de Sylviane Clier, la libraire, très sympathique.

On discute autour des illustrations hors texte des livres de cette époque et lui présente mon problème. Heureusement, pas de clients en présence et on prend son temps. Dans le contexte de la discussion, elle me montre un livre dont le dos est cassé à plusieurs endroits et elle ne sait pas trop comment le réparer ou le restaurer pour le rendre plus attractif et le vendre dans de meilleures conditions. Un restaurateur professionnel a déjà décliné sa demande, le coût du travail probablement plus élevé que l’amélioration potentielle du visuel.

J’ose lui proposer de le faire avec un accord commercial certes peu ordinaire : je l’achète, je le restaure et si le rendu lui convient, elle me le reprend. Cela n’aura rien coûté à personne et tout le monde en tire profit….. Sylviane Clier ose accepter, elle aussi. Bigre ! gros challenge ! 

Les Fleurs du Mal – édition 1930

Le corps du livre est neuf, certains cahiers ne sont même pas découpés. Les couvertures sont en bon état. L’architecture de la couvrure est en fait d’un seul morceau, avec dos collé et les fonds intérieurs (6 ou 7 mm) des couvertures collés sur les feuilles adjacentes.

Mise en presse pour vérifier l’intégrité du dos et prendre une photo de ce que l’on pourrait appeler “l’objectif à atteindre”.

Décollage des couvertures en les dissociant du dos.

Pour le dos, pas 50 solutions :

  • collage d’un japon à la tylose, réversible
  • décoller le dos bande par bande ou morceau par morceau par l’intérieur

Le résultat n’est pas trop mal à 2 problèmes près :

  • la colle a légérement teinté le papier, difficile de l’éclaircir
  • quelques lacunes, morceaux non récupérables

Le dos ainsi détaché est collé sur un simili-japon. On peut alors retirer le japon qui a permis de garder la géométrie du dos.

Après plusieurs tentatives pour éclaircir le dos, comblage des lacunes avec un papier le plus semblable possible.

Le résultat n’étant pas extraordinaire, je me lance dans une alternative Photoshop

  • choix du papier semblable aux couvertures 
  • recherche de la police et de la couleur

Comparaison des 2 solutions : 

  • trop de différences entre le dos d’origine et les comblages de lacunes, on voit trop les découpages
  • la valeur historique du livre ne mérite pas un niveau déontologique trop élevé

J’opte donc pour la solution Photoshop, le livre est comme neuf de 1930, le dos d’origine restauré servira de marque-pages.

Conclusion :

Il est clair que j’y ai passé des heures et que notre restaurateur professionnel n’aurait pas pu se le permettre, bien qu’il ait eu un résultat surement meilleur.

J’ai vu les limites de la récupération d’un dos collé cassé et je serai prudent et plus minutieux lors des prochaines restaurations.

Mais quel plaisir de le restituer à notre bouquiniste. Elle est enchantée et m’a même proposé de visiter sa réserve.

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